L’administration fiscale publie chaque année un barème permettant d’évaluer ces dépenses selon la distance parcourue et la puissance fiscale du véhicule. Pour les voitures 100 % électriques, le montant obtenu bénéficie d’une majoration de 20 %.
Découvrez comment fonctionnent les frais kilométriques d’une voiture électrique, comment les calculer avec le barème 2026 et comment les déclarer.

Qu’est-ce que les frais kilométriques ?
Les frais kilométriques permettent d’évaluer certaines dépenses liées à l’utilisation d’un véhicule personnel pour des trajets professionnels. Ils concernent notamment les déplacements entre le domicile et le lieu de travail ainsi que certains déplacements réalisés pendant les heures de travail.
Le barème kilométrique tient compte de plusieurs dépenses liées à l’utilisation du véhicule. Il intègre notamment sa dépréciation, les frais de réparation et d’entretien, les pneumatiques, la consommation d’énergie et les primes d’assurance. Pour une voiture électrique, les frais de recharge et, le cas échéant, la location de la batterie sont déjà intégrés au barème.
Certains frais peuvent toutefois s’ajouter au montant obtenu avec le barème, à condition de pouvoir les justifier. C’est notamment le cas des frais de péage, de stationnement et des intérêts d’emprunt liés à l’achat du véhicule à crédit.
Calculer ses frais kilométriques de voiture électrique
Le calcul des frais kilométriques repose principalement sur deux éléments :
- la puissance administrative, exprimée en chevaux fiscaux (CV) ;
- la distance parcourue à titre professionnel durant l’année.
Le barème distingue ensuite trois niveaux de kilométrage : jusqu’à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km et au-delà de 20 000 km.
Quel est le barème de 2026 ?
Le barème kilométrique 2026 n’a pas été revalorisé. Les montants restent donc identiques à ceux appliqués l’année précédente. L’administration prévoit cependant un barème spécifique aux véhicules 100 % électriques, qui intègre la majoration de 20 %.
Voici le barème 2026 applicable aux voitures 100 % électriques :
| Puissance fiscale | Distance jusqu’à 5 000 km | Distance de 5 001 à 20 000 km | Distance au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,635 | (d × 0,379) + 1 278 | d × 0,444 |
| 4 CV | d × 0,727 | (d × 0,408) + 1 596 | d × 0,488 |
| 5 CV | d × 0,763 | (d × 0,428) + 1 674 | d × 0,512 |
| 6 CV | d × 0,798 | (d × 0,449) + 1 748 | d × 0,536 |
| 7 CV et plus | d × 0,836 | (d × 0,473) + 1 818 | d × 0,564 |
Dans ces formules, « d » correspond à la distance annuelle parcourue à titre professionnel, exprimée en kilomètres.
Prenons un exemple : Une personne parcourt 8 000 km à titre professionnel avec une voiture électrique de 5 CV.
La formule correspondante est : (8 000 × 0,428) + 1 674 = 5 098 €
Le montant calculé selon le barème atteint donc 5 098 €.
Bon à savoir : l’administration fiscale propose également un simulateur officiel pour calculer les frais kilométriques selon le type de véhicule utilisé.
Une majoration de 20 % pour les voitures électriques
Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 % du montant des frais de déplacement obtenu avec le barème kilométrique. Cette majoration existe depuis 2021.
Les montants du tableau précédent intègrent déjà cette majoration. Il n’est donc pas nécessaire d’ajouter une nouvelle fois 20 % au résultat obtenu. Cette règle concerne les véhicules entièrement électriques. Les véhicules hybrides et à hydrogène figurent, eux, dans le barème général applicable aux voitures.
Puissance fiscale : où trouver l’information ?
La puissance fiscale, aussi appelée puissance administrative, constitue l’une des informations nécessaires au calcul des frais kilométriques.
Vous pouvez la retrouver directement sur le certificat d’immatriculation de votre voiture, à la rubrique P.6.
Attention à ne pas la confondre avec la puissance réelle du moteur exprimée en kilowatts (kW). Pour appliquer le barème, c’est bien le nombre de chevaux fiscaux indiqué sur le certificat d’immatriculation qui compte.
Le barème s’arrête à la catégorie « 7 CV et plus ». Une voiture dont la puissance administrative dépasse 7 CV relève donc de cette dernière ligne du tableau.
Abattement forfaitaire ou frais réels ?
Par défaut, l’administration fiscale applique aux revenus une déduction forfaitaire de 10 % destinée à couvrir les dépenses professionnelles, notamment celles liées aux transports et aux repas. Aucune démarche particulière n’est nécessaire pour profiter de cette déduction.
Vous pouvez toutefois renoncer à cet abattement et choisir la déduction des frais réels lorsque cette solution s’avère plus avantageuse. Le barème kilométrique permet alors d’évaluer les frais liés à l’utilisation de votre voiture personnelle.
Il est donc utile de comparer :
Le montant de la déduction forfaitaire de 10 % avec le montant total de vos frais professionnels calculés selon le régime des frais réels.
Le choix dépend notamment de votre situation, de vos revenus, de la distance parcourue et des autres dépenses professionnelles que vous pouvez déduire.
Concernant les trajets domicile-travail, une autre règle doit être prise en compte. Si votre lieu de travail se situe à 40 km ou moins de votre domicile, vous pouvez retenir l’intégralité de la distance. Au-delà de 40 km, la distance retenue est en principe limitée à 40 km par trajet. L’administration peut néanmoins accepter la totalité de la distance lorsque des circonstances particulières justifient cet éloignement.
Comment faire pour déclarer ses frais kilométriques aux impôts ?
Pour déduire vos frais kilométriques, vous devez choisir la déclaration de vos frais professionnels pour leur montant réel plutôt que la déduction forfaitaire automatique de 10 %.
Commencez par déterminer la distance parcourue avec votre véhicule personnel dans le cadre professionnel. Identifiez ensuite sa puissance fiscale et appliquez la formule correspondant à votre kilométrage dans le barème 2026.
Vous devez également être en mesure de justifier les frais déclarés auprès de l’administration fiscale. Celle-ci peut notamment vérifier le kilométrage figurant sur les factures d’entretien ou de réparation du véhicule. L’utilisation du barème n’est pas obligatoire si vous pouvez justifier la réalité des déplacements concernés.
Pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail, pensez également à vérifier la règle des 40 km. Si vous retenez une distance supérieure en raison de circonstances particulières, le ministère de l’Économie indique qu’une note explicative doit accompagner la déclaration afin de préciser les raisons de cet éloignement.
Enfin, évitez de déduire séparément les dépenses déjà couvertes par le barème. Pour une voiture électrique, les frais liés à la recharge sont déjà intégrés au calcul. En revanche, les péages, certains frais de stationnement et les intérêts d’un emprunt automobile peuvent s’ajouter sous réserve de respecter les conditions applicables et de conserver les justificatifs.
Oui. Si vous utilisez votre voiture électrique personnelle pour des déplacements professionnels et optez pour la déduction des frais réels, vous pouvez utiliser le barème kilométrique de l’administration fiscale. Les véhicules 100 % électriques profitent par ailleurs d’une majoration de 20 %, déjà intégrée au barème spécifique présenté plus haut.
L’administration peut vous demander de justifier la réalité et le montant des frais déclarés. Conservez donc les documents permettant d’établir votre utilisation du véhicule et les kilomètres parcourus. Le ministère de l’Économie précise notamment que l’administration peut s’appuyer sur les factures d’entretien et de réparation mentionnant le kilométrage pour contrôler une déclaration. Conservez également les justificatifs correspondant aux dépenses ajoutées séparément au barème, par exemple les péages ou les frais de stationnement.